Traitement des Troubles Anxieux

La peur

Par définition, les troubles anxieux sont tous les troubles psychologiques liés à la peur (pour plus d'information sur la peur, cliquez sur ce lien: la peur émotion de base).

La peur est une émotion de base très ancienne du point de vue de l'évolution. Elle se retrouve chez tous les mammifères, mais aussi chez les reptiles et les oiseaux. Cela fait donc des millions d'années qu'elle existe. Et si elle a perduré tout ce temps c'est parce qu'elle est très utile: elle sert à nous protéger des dangers. Elle a été étudiée en profondeur par les neurologues et ses mécanismes sont maintenant bien connus (voir notamment les travaux de Joseph Ledoux).

Lorsque les mécanismes de la peur sont perturbés cela peut conduire à des troubles. Généralement les perturbations concernent en premier lieu l'intensité des réactions qui peuvent alors envahir l'individu et gêner profondément sont fonctionnement normal. La deuxième catégorie de perturbation concerne le déclenchement qui peut se faire de manière inconsciente et donc apparemment aléatoire.

Les symptômes ressentis ne sont pas tous les mêmes suivant les individus. Ils peuvent être une combinaison quelconque de ceux de cette liste:

  • sensation de "boule" ou de poids dans le ventre ou la gorge
  • coeur qui bat vite et/ou fort
  • suées, mains moites
  • tremblements
  • souffle coupé, impression de ne pas pouvoir respirer normalement
  • jambes molles
  • étourdissements, vertiges
  • sensations de picotements dans les extrémités
  • sensation de déréalisation
  • sensation de dépersonnalisation
  • nausées, et autres problèmes abdominaux

Les personnes qui ressentent ces symptômes et qui ne savent pas ce que c'est peuvent les interpréter de manière incorrecte et croire qu'ils sont en train de mourir, d'une attaque cardiaque par exemple, ou qu'ils sont en train de devenir fous. Ces croyances erronées augmentent énormément la peur et peuvent transformer une petite angoisse en une horrible attaque de panique.

Ces troubles peuvent avoir des répercussions très importantes dans la vie des personnes qui en souffrent. Si le déclencheur est identifié, les personnes vont développer des stratégies d'évitement. Par exemple en cas de phobie des autoroutes, la personne ne va plus utiliser que des routes nationales voir seulement des routes départementales, ce qui peut compliquer terriblement les trajets pour les voyageurs de commerce. Dans des cas extrêmes, cela peut conduire à de l'agoraphobie, où la personne ne va plus sortir de chez elle, le seul endroit où elle se sent à peu près en sécurité.

Quelques définitions

  • Attaque de panique

    Les attaques de paniques sont des crises de peur particulièrement intenses qui peuvent aller jusqu'à l'évanouissement. Elles peuvent être présentes dans les phobies, l'agoraphobie, le trouble panique ou les angoisses.

  • Les phobies

    Les phobies sont des peurs intenses déclenchées par des stimuli spécifiques bien identifiés.

    Ce qui caractérise les phobies c'est le fait que le stimulus déclencheur soit spécifique, bien identifié, et ne soit pas générateur de peur intense pour la plupart des gens.

  • Agoraphobie

    Il s'agit d'un cas extrême où la personne ne sent plus en sécurité que chez elle. Le fait de sortir ou de s'éloigner de son domicile va déclencher une grande anxiété et parfois une attaque de panique.

  • Les angoisses

    L'angoisse est une peur qui n'a pas de cause apparente et qui se déclenche apparemment n'importe quand, même pendant le sommeil.

    Les causes de cette peur existent, bien sûr, mais elles sont inconscientes et donc ne sont pas perçues par la personne qui en souffre.

  • Le trouble panique

    Le trouble panique se caractérise par des attaques de panique qui se répètent de façon totalement imprévisible.

    Les personnes souffrant de trouble panique développent généralement une forte anxiété entre les crises, se demandant quand et comment la prochaine va se produire.

    Le trouble panique conduit souvent à la création de phobies, ou d'agoraphobie, par association entre une crise et les circonstances de la crise, ou entre la crise et un objet présent lors de la crise. Par exemple, une personne qui a une attaque de panique dans un ascenseur a de fortes chances de se créer une phobie des ascenseurs et va commencer à les éviter autant que possible.

Modèle thérapeutique

La peur est déclenchée par la comparaison entre la situation présente réellement vécue ou par une situation imaginée (ou rêvée) consciemment ou inconsciemment, et un schéma d'une situation précédemment vécue, ou imaginée, qui correspond. La comparaison n'est pas exacte, mais approximative, il suffit qu'il y ait une certaine ressemblance entre les deux.

Lorsque la ressemblance est détectée, l'émotion associée (la peur) est déclenchée. Ce qui provoque des réactions psychiques et physiologiques destinées à mettre l'individu dans un état propice à la fuite ou au combat.

L'intensité très élevée de ces réactions peut être due à différents facteurs. La peur peut être liée à l'idée de mourir, ce qui est le danger le plus extrême. Elle peut venir de l'enfance, à une époque où la personne se sentait très vulnérable et où le moindre danger pouvait prendre des dimensions considérables.

Elle peut être due à l'absorption de produits psychotropes (alcool, cannabis, LSD, ecstasy, etc.). Elle peut être favorisée par un climat familial anxiogène et par des facteurs génétiques.

Lorsque la peur est enregistrée, elle peut rester indéfiniment, même si le contexte a changé. Elle peut rester inactive pendant des années et ne resurgir dans la vie de la personne qu'à l'occasion d'un choc émotionnel n'ayant pas de rapport direct. C'est comme cela que des peurs de l'enfance, qui semblaient complètement oubliées, peuvent ressurgir toutes en bloc à l'âge adulte

Le traitement par l'hypnose

La peur est déclenchée par une association faite au niveau inconscient entre une situation vécue réellement ou imaginée et un schéma enregistré dans la mémoire émotionnelle. Le principe du traitement par hypnothérapie consiste à supprimer cette association.

La première phase du travail va consister à retrouver ce schéma enregistré. Ce n'est pas quelque chose d'inné, mais le résultat d'un apprentissage inconscient qui a été acquis à un moment donné de la vie du patient en vivant un certain évènement. Grâce à ses propriétés d'hypermnésie, l'hypnose permet de retrouver cet évènement enregistré. Cette méthode fonctionne que le déclencheur soit connu, comme dans une phobie, ou soit inconnue, comme dans une angoisse. Dans tous les cas on utilise la propriété remarquable de l'hypnose de pouvoir vivre comme réelle une scène imaginée pour pouvoir cibler précisément ce schéma en le réactivant de manière très atténuée. Bien entendu, il ne faut pas que cette réactivation déclenche une attaque de panique, c'est inutile pour la thérapie, et surtout le patient risque de ne plus vouloir continuer le travail. Donc, toutes les précautions sont prises pour que cela se fasse le plus confortablement possible.

La deuxième partie du traitement est l'effacement de l'association avec la peur. Cela se fait en réassociation à l'évènement enregistré une nouvelle émotion neutre ou agréable. Il s'agit d'une forme de réempreinte qui est faite sur le souvenir initial. Il peut être nécessaire de refaire plusieurs fois cette phase pour que l'effacement soit bien solide.

Pour les personnes qui souffrent d'agoraphobie et qui ne peuvent pas se déplacer pour venir dans mon cabinet, il est possible de faire une thérapie à distance par Skype. Cela marche très bien, vous pouvez lire un témoignage sur ce site: entraide-ago. Les détails pratiques sont expliqués sur cette page: thérapie par Skype

Exemples de cas

Trouble panique

Alexandra J., 41 ans

Alexandra souffre de crises de panique depuis sept ans, depuis la dépression qu'elle a faite juste après son divorce. Elle a des crises de panique tout à fait imprévisibles. Cela peut se déclencher chez elle, comme dehors ou dans un magasin, il n'y a apparemment pas de déclencheur particulier. Quand cela arrive, elle a du mal à respirer, elle tremble de partout, son coeur bat très fort et très vite, elle a une sensation d'étranglement, une raideur dans la nuque et les mains moites. En plus de ses crises, elle a des migraines et des insomnies.

L'exploration sous hypnose a permis de mettre en relief la relation entre ses crises et des souvenirs familiaux enfouis, impliquant notamment les menaces de suicide que sa mère faisait régulièrement. Un travail de recadrage hypnotique sur ces souvenirs à permis de diminuer puis de faire cesser les crises de panique. Par contre, les insomnies ont continué à persister, mais Alexandra n'a pas jugé utile de continuer le travail sur ce point. Quelques mois après sa thérapie, elle est venue pour une séance pour son fils qui était très perturbé par l'ambiance familiale dégradée.

Durée: 6 séances sur 3 mois.


Angoisses

Amélie B., 43 ans

Amélie souffre d'angoisses depuis plus de vingt ans, plus précisément, depuis la naissance de sa dernière fille. Elle ressent la plupart des symptômes avec surtout une boule dans l'estomac, des cauchemars et des problèmes d'intestins.

Elle se sent mal quand elle est entourée de monde, par exemple dans des réunions de travail ou bien quand elle est dans un magasin ou quand elle va au cinéma. Son malaise augmente crescendo dès qu'elle se trouve prise dans un embouteillage. Par contre, elle n'a jamais d'angoisse le week-end quand elle est chez elle.

Le diagnostic fait par les psychiatres qui la suivent depuis vingt ans est celui d'agoraphobie. La seule chose qu'ils ont fait pour elle a été de lui prescrire des médicaments, qui l'ont soulagé par moment, mais qui ne l'ont pas soigné. Amélie B. dit qu'elle en a marre de prendre des médicaments et que son état ne change pas.

Une exploration sous hypnose a permis de comprendre l'origine de ses angoisses, deux évènements traumatisants qu'elle avait vécus, l'un durant son enfance, l'autre au moment de la naissance de sa fille. Ces évènements sont parfaitement connus de Amélie B. qui en a gardé des souvenirs conscients clairs.

Le travail fait sur les souvenirs traumatisants a supprimé le mécanisme de déclenchement des angoisses et a permis leur arrêt définitif.

Durée : 3 séances, sur 2 mois.


Phobies

Christian G, 33 ans

Le patient est venu consulter pour une phobie des autoroutes. Il peut conduire facilement sur n'importe quelle route, dans n'importe quelle condition, mais il est incapable de prendre une autoroute sans ressentir une peur panique, une terreur insupportable. Il évite donc de prendre des autoroutes, et cela le gène énormément, car comme il est commercial il doit se déplacer d'un bout à l'autre du pays et il perd beaucoup de temps à ne prendre que des routes nationales.

L'exploration sous hypnose a révélé un certain nombre de souvenirs lié à la peur de mourir. Le plus intense est un accident de moto que Christian a eu sur une autoroute. La technique de réempreinte est réalisée à partir de ce souvenir pour séparer la peur du déclencheur. Depuis, Christian roule à nouveau sur les autoroutes, il a toujours quelques petites appréhensions salutaires qui lui permettent de conduire prudemment, mais sa phobie a disparu.

Durée: 1 séance

Martine C., 54 ans

Martine a une phobie des hauteurs, elle a une peur panique du vide, elle ne peut même pas monter sur une chaise. Chez elle c'est son mari qui monte sur l'escabeau pour faire les vitres. Elle ne peut pas aller sur un balcon et a beaucoup de mal à regarder par la fenêtre quand elle est dans un immeuble au dessus de 3 ou 4 étages.

L'exploration sous hypnose n'a pas fait ressortir de souvenir précis sur lequel travailler. Un travail symbolique est alors réalisé pour dissocier la peur de la situation de hauteur. Le lendemain de la séance, Martine est montée sur un escabeau et à fait les vitres de sa maison pour la première fois de sa vie, au grand étonnement de son mari et de ses enfants. Peu après, elle est allée sur un balcon au dixième étage et a regardé vers le bas sans ressentir de panique.

Durée: 1 séance

Véronique 27 ans

Cette patiente a une phobie de tout ce qui est petit et incontrôlable: araignées, insectes, limaces... Si ça la touche, elle hurle! Si un insecte entre dans l'agence où elle travaille, elle s'enferme dans son bureau. Un papillon de nuit dans sa chambre peut l'empêcher de dormir toute la nuit. Véronique a des souvenirs précis d'évènements de sa petite enfance qui pourraient expliquer ces peurs.

Un premier travail a été fait sur les souvenirs conscients. Cela a amener un peu de mieux, mais sans guérir de la phobie. Une exploration sous hypnose a permis alors de faire remonter d'autres souvenirs dont la patiente ne se souvenait plus. Cet autre travail de désensibilisation sur tous ces souvenirs ont permis à Véronique de se débarrasser de sa phobie et de pouvoir aménager à la campagne, ce qui pour elle était inconcevable avant la thérapie.

Durée: 3 séances


Agoraphobie

Sylvain B., 20 ans

Sylvain est étudiant et vit chez ses parents. Depuis quatre ans il souffre d'angoisses à chaque fois qu'il doit aller dans un lieu qu'il ne connaît pas. Il ne va pratiquement plus au restaurant, car il s'y sent particulièrement mal. Quand il y va quand même par un effort de volonté, il observe les lieux, où se trouvent la sortie, les issues de secours et les toilettes, car il a peur d'être malade. Les magasins, particulièrement quand ils sont bien chauds, lui sont insupportables. Il ne prend plus l'avion non plus. Parfois ses angoisses le prennent en classe et il fait un effort considérable pour ne pas sortir et se concentrer sur le cours, d'autres fois sur l'autoroute quand ce n'est pas lui qui conduit. De façon plus générale, il dit avoir peur dès qu'il n'est pas dans son environnement habituel.

Un premier travail sur ses angoisses a permis à Sylvain de se sentir rapidement beaucoup mieux. Au bout de deux séances, il se disait "guéri à 80%". Celles-ci ont disparu complètement qu'à la fin de la thérapie. Sylvain a appris à faire de l'autohypnose et à modifier les associations erronées avec les restaurants, les magasins, les lieux inconnus en général. à la fin de la thérapie, Sylvain avait les moyens de terminer seul le travail de "nettoyage" de sa mémoire émotionnelle. Ce qu'il a fait en quelques mois. Un an après la fin de la thérapie, il s'est dit satisfait de son état, même s'il pense rester une personne craintive qui a encore besoin de prendre de l'assurance et de renforcer son estime de lui-même.

Durée: 6 séances réparties sur 1 an

Références scientifiques

Cliquez sur les liens ci-dessous pour accéder à quelques réferences d'études scientifiques sur différents troubles anxieux: